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2 idées reçues sur le financement de la création d’entreprise

Suite au débat nourri (et nécessaire) provoqué par « Ainsi Fonds, Fonds, Fonds… » sur le hub Viadeo Start-up : Business Angels, Entrepreneurs, j’ai envie d’intervenir contre 2 idées reçues.1 – Le financement de l’innovation est impossible en France : Rien ne vaut des exemples pour la contrecarrer.  En voici 3 : Amiando, Allmyapps et Moxity. Sinon, vous trouverez un panaroma des dernières levées de fonds sur le Journal du Net. OK, ce ne sont que des exemples mais ceci prouve bien que le financement de l’innovation est possible en France. Possible, mais difficile, j’en conviens. Mais la difficulté n’est-elle pas le moteur essentiel d’un entrepreneur ? Pour faire avancer le débat, je lancerai 3 pistes :– formons plus d’entrepreneurs, prêts à prendre des risques et se remettre en cause. Même si la mentalité sur l’entreprise a bien évolué, grâce à l’auto-entreprise par exemple, il reste beaucoup à faire, du côté de l’éducation nationale qui reste hermétique au monde de l’entreprise et vice-versa et de l’enseignement supérieur qui selon moi ne pousse pas (assez) nos jeunes élites à prendre des risques. A ce sujet, je me suis régalé en lisant « un chèque de 100.000 dollars pour abandonner ses études« .– sachez vendre votre projet, créateurs de france et de Navarre ! Oui, la recherche de financement, c’est aussi et surtout de la vente.– portons le débat du financement de l’innovation du niveau Français au niveau européen… en attendant le monde.2 – Les banques ne prêtent pas aux créateurs d’entreprise :  Et bien moi, Madame, Monsieur, quand j’ai crée Juste à Temps , je peux vous dire que le Crédit Lyonnais de l’époque (waou, c’était en 1990 !) m’a mis la pression pour que j’emprunte plus, simplement parce qu’ils croyaient à mon projet. Et aujourd’hui, dans les entreprises que j’accompagne, je fais toujours le même constat.  Maintenant, c’est vrai que quand on parcourt l’enquête HCG-LCI sur le sujet , ça fait froid dans le dos. Donc, créateurs en herbe, frappez à la bonne porte et jouez l’effet réseau…Entreprendre par exemple. Et, vous les banquiers, ce serait bien que vous appreniez à dire non plutôt que de mener les porteurs de projet en bateau. Pour finir sur le sujet, on est entre nous, je vous avoue que je comprends les banques qui ne prêtent pas (mon argent) nimporte comment comme au temps de feu le Crédit Lyonnais (encore lui !) et ses milliards de pertes.Au fait, si je peux vous aider, startuppers, ce sera avec plaisir. Je pense notamment à :– la mise en relation avec Paris Business Angels  dont je suis membre du comité de sélection.– l’introduction auprès de Réseau Entreprendre, dont je suis administrateur en charge de l’accompagnement dans le 93.Et, moi aussi, je compte sur vous pour être réactif. En effet, comme l’écrit Michael-Gael « Celui-ci (un investisseur) n’a même pas daigné me répondre ne serait-ce que pour marquer son désintérêt.« , je rencontre aussi pour ma part encore trop de créateurs qui me sollicitent et puis ne donnent plus jamais de nouvelles. Tiens ça me fait penser à un prochain sujet de billet  » Business angel, mes engagements ».Allez, place au débat ! A vos commentaires…Patrick

7 Réponses à 2 idées reçues sur le financement de la création d’entreprise

  1. PP 12 septembre 2010 at 13:02 #

    Bjr Patrick,
    Qu’est-ce pour vous « savoir vendre » son projet ?

    Le Plan d’Affaires (PA) ne suffirait-il plus ? Les chiffres ne parlent plus aux investisseurs (BA) ? => Tant mieux sur ce point !

    Est-il possible de détailler ce qui déclancherait « au moins » un minimum d’intérêt (une série de questions) chez un risqueur de capitaux quand celui lit la présentation brève émise par un porteur de projet ?

    Crdlt
    PP

  2. hannedouche 12 septembre 2010 at 13:52 #

    Bonjour PP,
    Savoir vendre son projet, c’est mouiller la chemise comme un commercial qui a faim, qui ne renonce pas et a du culot.
    Heureusement que le plan d’affaires ne suffit pas 🙂 Je fais mienne l’une des valeurs essentielles du Réseau Entreprendre « L’important, c’est la personne ».
    Avec un risqueur de capitaux, l’idéal est que ce soit lui qui vous contacte et donc il convient de développer son e-réputation. Sinon, jouez le réseau pour rentrer en relation. En effet, mettez-vous à sa place sachant qu’il reçoit des dizaines de plans d’affaires chaque mois.
    Bonne réussite !
    Patrick

  3. PP 12 septembre 2010 at 15:04 #

    Merci pour votre cordiale réponse. Je comprends qu’un « sou est un sou »
    Je comprends aussi que moult offres ont quantité de raisons de ne pas être retenues et que c’est le capital de votre sueur, de vos efforts propres que vous engagez sans avoir nullement envie de les voir se perdre.

    Cependant, « mouiller la chemise » est trop générique comme réponse. N’est-ce pas là la même attitude que de demander une lettre de motivation à un chercheur d’emploi ? Il est vrai que la majorité des gens s’amuse pour le plaisir à envoyer des CV juste pour le plaisir et sans motivation. Uniquement pour laisser le temps faire passer le temps.
    Pour imager, « que fais-tu le dimanche ? J’envoie des CV histoire de rigoler quand il n’y a rien à la télé »

    Patrick, pourtant vous savez déjà que nous mouillons tous nos chemises en réfléchissant au projet, en faisant le plan d’affaires, en le réactualisant, en cherchant les investisseurs, en passant des annonces, en vérifiant chaque seconde la crédibilité et le bien fondé de notre projet, en allant dans les soirées, en répétant nos arguments à chaque interlocuteur investisseur, en envoyant des courriels, en raclant nos fonds de tiroirs, en nous couchant tard à vérifier nos chiffres et nos stratégies en plus de notre activité « gagne pain quotidienne », en gérant nos émotions devant l’incompréhensible incompréhension des investisseurs ou de leurs non réponses, en maîtrisant l’excellence de nos savoir, etc …

    N’est-ce pas là de la pure masturbation intellectuelle que de prétendre que nous sommes pas ceci, pas cela, trop sec, trop raide, trop mou ?

    Une idée est ce qu’elle est. Elle est bonne ou pas bonne, elle défiscalise ou non, elle rentre dans vos portefeuilles ou non. C’est pourtant binaire. Alors, pourquoi tant de philosophie qui me semble stériles et sédimente le milieu et les rapports entre porteur de projet et investisseurs ?

    Qu’est donc encore cette nouvelle expression « mouiller sa chemise » ?

    Crdlt
    PP

  4. generation proactive 12 septembre 2010 at 15:21 #

    Un petit complément :

    – L’argent des banques ne leur appartient pas c’est l’argent de leurs clients, je suis donc heureux en tant que client de savoir qu’elles veillent au grain (oui je sais pas toujours …)
    – La banque est un métier très encadré (si si c’est parfaitement vrai) et les normes d’actions sont très délimitées.
    – En face de vous il a une Personne salariée de la banque dont il faut en, premier lieu valider ses attributions, l’expérience, ses libertés d’actions, ses objectifs (qu’on lui a donné et les siens propres en tant que salarié). Entrepreneurs en mal de reconnaissance savez vous reconnaitre le bon interlocuteur ?
    – Pour ce qui concerne les investisseurs, faites vous la réflexion suivante entrepreneurs : si vous aviez un peu d’argent (gagné à leur sueur de votre front, de vos risques antérieurs …), comment le prêteriez vous ? Sur la base de la bonne tête de l’entrepreneur, de sa générosité, sa gentillesse, le coté utile ou  » au minimum » de la conviction que vous avez qu’il pourra, au moins, vous rembourser. Et si vous perdez cet argent quelle tête ferait votre conjoint ou vos enfants ???
    « désolé chéri(e) j’ai pris le risque de perdre notre retraite ou nos vacances sur un projet dont je n’étais pas tout à fait sûr mais je voulais aider un entrepreneur méritant. »

    voila de quoi réfléchir un peu
    après tout Patrick n’est ce pas là le début de la formation que vous appelez de vos voeux.
    A bientôt alors !

  5. Nicolas Gal 13 septembre 2010 at 11:37 #

    Dans l’esprit voir l’excellent article de J. Frank Brown et Jean-Philippe Courtois , How to Drive Innovation in Europe : https://www.wsj.com/articles/SB123440185965175441
    La seconde piste me rappelle la phrase de Steve Blank “(On m’a demandé) quel était le meilleur conseil que j’ai jamais reçu ou donné. Et c’était, même si vous êtes un ingénieur, si vous décidez que vous allez être partie prenante d’une startup, si vous n’avez jamais essayé de vendre une idée ou d’être membre d’une équipe de vente, vous ne serez jamais un très bon entrepreneur, jamais.”

  6. René Zimmermann 17 septembre 2010 at 1:21 #

    Bonjour à tous,
    vous trouverez, grâce aux liens suivants, les deux projets que je porte.

    ak34.yolasite.com/
    gfp.yolasite.com

    Que vous soyez BA, Porteurs ou simplement si vous avez un avis, merci de me (nous) en faire part. Ils sont pour moi de grande importance.

    Au besoin, n’hésitez pas à me contacter sur rzim@zyachts.fr.

    Bien à vous,
    René

  7. Olivier 3 octobre 2010 at 12:20 #

    Mesdames, Messieurs,

    J’ai un projet dans le domaine du marketing dont l’action se fait via internet et avec une partie back office en réel (physiquement) pour l’intendance.

    Ce projet concerne la promotion (push produit) des produits secs de l’industrie alimentaire et de tout produit non périssable dans un premier temps puis, périssables à trois an.

    Le plan d’affaires est validé par un cabinet d’experts comptables commissaires aux comptes. Leur opinion est très favorable (chiffres, projet, dynamique et idée).
    Ils ne comprennent pas pourquoi je n’ai pas encore démarré ce projet.
    En effet, ce projet est bloqué par manque d’apport personnel.

    En la situation actuelle, je n’aurai JAMAIS cet apport sous quelques formes que ce soit si ce n’est par deux ressources rares que sont « le facteur travail » et l’apport de cette idée viable en tout point.

    => Question SVP :
    Sans apport personnel, est-il possible de trouver un financement de démarrage ?

    Merci pour vos réponses sur cette question.
    Cordialement
    Ol.

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