Top

5 points à checker avant de lancer sa startup aux USA

De retour de San Francisco, voici quelques réflexions et conseils façon Patrick, à savoir un cocktail de parler-vrai, de bon sens et d’humilité. J’insiste sur le fait que je ne suis pas un spécialiste des Etats Unis et que mon article est basé sur mon ressenti. Si vous pensez que je raconte des salades, je compte sur vous pour éclairer mes lecteurs.Je tiens à remercier au passage Valérie Zeller, Sam Hickmann et François Nadal qui m’ont ouvert leurs portes et consacré du temps. Merci aussi aux amis Olivier LeméeGilles Enguehard et Marc Thouvenin pour leurs mises en contact.

LaunchStartup

 

As-tu du lourd à déclarer ?

Comme le marché US est l’Eldorado du web, c’est logiquement le plus concurrencé. Donc, rien ne sert de l’attaquer si t’as pas une techno d’enfer à proposer façon Criteo avec un marché de plusieurs millions de dollars à la clé. Et, comme on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, ce n’est pas un VIE qui va mener les négos et dealer les contrats sur place avec les big guys. Non, pour avoir une chance de réussir, c’est à toi CEO de t’implanter sur place. 

Prépare la monnaie

Avant d’envisager de toucher le jackpot, sache que la vie à SF ça coûte un bras. Salaires des développeurs et des commerciaux, prix de l’immobilier…, tous les postes principaux du budget jouent la surenchère notamment en raison des packages salariaux exorbitants proposés par les Google, Facebook et autres success stories de la Silicon Valley toute proche. Donc, si t’as pas au moins 100.000 $ pour te lancer suivi d’une levée de fonds de 1.000.000 $ dès la preuve du concept, tu oublies les US et tu restes en France, comme je l’ai fait pour créer Juste à temps. A propos, maintenant que c’est une belle success story à la française, ce serait peut-être le moment de la lancer à SF ou à NYC ? 

Oublie les subventions et les Assedic

Bien ou mal, la France reste un pays de subventions et d’aides en tous genres. A l’opposé, rien de tout ça aux USA qui pratiquent un libéralisme pur et dur. Donc pour les ressources de ta boite, c’est levée de fonds et monétisation, point. Un conseil au passage : garde ta R & D en France pour maitriser les salaires des développeurs et bénéficier du statut de JEI. 

Et l’équilibre ?

Tu l’as vu, une success story californienne, ça se mérite. Donc, avant de te lancer, vérifie avec tes proches (boy friend, girl friend, conjoint, enfants…) qu’ils sont partants et qu’ils te soutiendront à fond dans ton aventure entrepreneuriale. Et si tu pars seul(e), attention à ton équilibre

Do u speak English ?

C’est tellement évident que j’allais oublier ce point. Déjà que c’est pas facile de réussir aux US, commence par parler couramment la langue. Pour y parvenir, fais comme moi et inscris-toi sur Phone Box Language. Rien de tel pour parfaire ton anglais en ligne via Skype ou par téléphone avec des professeurs anglophones pour moins de 10 € la 1/2 heure. Tu le vois, se lancer aux US, c’est plus compliqué que de faire du french bashing et de dire « la France est trop petite pour moi et ne me mérite pas, je me casse aux US ».  PS : Pour celles et ceux qui sont intéressées par l’aventure Californienne, je vous laisse lire S’installer aux USA avec sa famille, créer une société en Californie de Sam Hickmann et je vous recommande la lecture hebdomadaire du Journal de la Silicon Valley de Phil Jeudy.

8 Réponses à 5 points à checker avant de lancer sa startup aux USA

  1. Martin GENOT 25 août 2013 at 11:54 #

    Je ne suis pas non plus un spécialiste des USA mais ce sont des points qui me semblent frappés du bon sens.

    Merci pour cet éclairage qui font ressortir quelques spécificités françaises ou Européennes:

    -1- Le premier VC du monde, ce sont les ASSEDIC.
    -2- Les coûts de la R&D ont drastiquement diminué en France grâce au statut de JEI et au CIR
    -3- Le coût de la vie est aussi une des clefs de l’implantation, pour preuve Berlin qui attire pour cette raison les start-ups. Evidemment ce n’est pas le seul critère !

  2. Olivier Lemée 25 août 2013 at 13:56 #

    Bonjour,
    bonne rapide analyse qui reflète bien ce que j’ai pu constater lors de mon « séjour exploratoire » en mai dernier dans la baie de SF.

    Oui, la transpiration de l’entrepreneuriat qui jaillit de toute part dans ce petit coin du coin du monde est très attirante et vraiment motivante…. Oui, c’est le CEO qui est le mieux placé pour voir sur place et se faire une vrai idée… Et oui, il faut partir les poches remplies pour avoir le droit de développer quelque chose sur place QUI SOIT UTILES AUX AMÉRICAINS 😉

    J’ajouterai que si comme moi vous avez plusieurs pistes de développement de votre projet démarré en France, c’est un bon moyen pour rapidement voir ce qui fait réagir les gens du coin, habitués à voir sortir de terre des projets novateurs à la pelle.

    Ainsi, pour ma part, j’ai pu mettre à l’épreuve mon pitch, choisir l’offre métier et les produits techniques à pousser parmi les multiples pistes que j’envisageai, valider l’intérêt de prospects autres qu’en France, valider quels attributs de valeurs étaient bien compris par le marché, détecter des opportunités d’extension du marché que je cible, trouver d’autres moyens de « vendre mon projet » auprès d’investisseurs, retrouver le goût à la création de business plans, et développer mon côté « initiateur de relations »….. EN UNE SEMAINE !

    La grande force de la baie, c’est qu’on constate que c’est possible d’accélérer et on identifie vite les actions prioritaires sur lesquelles focaliser car le retour de l’environnement macro-économique est hyper rapide…

    Au final, bien que je partais initialement voir sur place si le transfert pur et simple de mon projet français vers les USA était une voie pour accélérer, je suis revenu avec la confirmation qu’il fallait bien jouer une partie de l’aventure aux USA, mais que le bon mix était la combinaison d’une structure française (R&D) et d’une structure US (commercialisation) pour développer le projet avec un maximum d’atouts.

    J’ai aussi découvert que finalement, vu la richesse et rapidité d’apprentissage sur place, j’avais un « besoin naturel » d’organiser un séjour récurrent en Californie pour mettre à l’épreuve mes avancées pour l’instant développées en France.

  3. Explorer 26 août 2013 at 10:38 #

    Tout à fait juste, entreprendre aux USA ce n’est pas chose aisée, il ne suffit pas d’arriver avec une bouille de frenchie et un accent désastreux pour plaire et réussir, il faut travailler, persévérer et être motivé. Si en plus on a une idée géniale à proposer c’est peut être le jackpot 🙂

  4. Gilles Enguehard 27 août 2013 at 11:16 #

    Bonjour,
    Très pertinent, merci Patrick. Et tout ça avec une bonne dose de lean startup 🙂 http://theleanstartup.com

  5. Phil Jeudy 27 août 2013 at 20:51 #

    As-tu du lourd à déclarer ?
    Une techno, ça se construit, mais c’est toujours mieux d’arriver aux US avec du solide, ou du moins avec un pitch qui diffère des habitudes. Et je pense que c’est ça, cette orginalité, qui fait la différence, plus que le code : tout ceux qui viennent construire leur rêve d’entrepreneur dans la Silicon Valley passent leur temps à regarder ce qui se fait à coté, et à travailler pour le faire mieux. Les projets venant d’Europe sont généralement plus disruptifs, du fait de la spécifité de leur marché d’origine. Ce qui fera la différence : l’exécution. A l’américaine !
    Prépare la monnaie
    Pourquoi venir se faire chxxx à développer une entreprise et un produit loinde ses bases ? Faut pas croire que c’est du tout cuit, et des histoires, j’en ai a rallonge sur ceux que j’ai vu se ramasser en 6 ans en Californie. Et je garderai tout cela pour moi. On le fait parce qu’on en rêve, et effectivement on a l’argent pour ça. Si on n’est pas dans ces deux cases, mieux vaut se préparer at home et faire le pas en ayant fait ses preuves et en ayant les liquidités qui vont bien.
    PS : penser venir aux US pour lever l’argent qu’on ne trouve pas en France ou en Europe ? C’est une connerie, mais un miracle est toujours possible !
    Et l’équilibre ?
    Une success story, ça se mérite… non, désolé, Ca serait trop facile, malheureusement. Les chances sont limitées, les Français qui ont réussi sont peu nombreux. Je parle de ceux qui ont réussi, vraiment réussi. Peu d’élus, et il y a un facteur chance qui a mes yeux est beaucoup plus déterminant dans la réalisation d’une success story. Sachez la provoquer, votre chance.
    Do u speak English ?
    Un vrai problème, pour passer à la vitesse supérieure, pour son confort, mais pas un point majeur.
    Et mon conseil, en conclusion : ne lisez pas trop ce que les autres ont à vous conseiller sur le sujet d’une installation aux USA. C’est un sujet trop personnel, trop spécique, propre à chacun. Sondez vous vous mêmes, écoutez vos proches, effectivement, et venez faire un tour. Mais sérieusement, méfiez vous des conseils. Faîtes vous aider… utilement, et précisemment. Méfiez vous des géréralités et prenez soin d’étudier les détails. Et franchement, entre nous : pas en une semaine 🙂

  6. Olivier Lemée 28 août 2013 at 6:49 #

    Et oui : pas en une semaine 🙂 🙂

    Mais pour démarrer ma démarche US et mettre en place quelques premières relations, c’était plutôt une bonne semaine « exploratoire » 😉

  7. sophie 7 juin 2016 at 14:49 #

    Bonjour,
    C’est aussi ( et surement une question très naive) ce qui me fait demander:
    doit-on être une start-up américaine ( immatriculée) pour pouvoir conquérir le marché américain? Je veux dire on peut très bien imaginer un petit produit français qui plairait aux USA et qui serait vendu tel quel. Faut-il tout de même s’immatriculer dans le pays?

  8. Brigitte Aiken 9 juin 2016 at 3:16 #

    Je suis une consultante de finance et administrative spécialisée pour le démarrage des entreprises, j’ai aidé des startups technologiques, petites et moyennes entreprises européennes soutenu par les capitaux de risque d’avoir une présence aux États-Unis en incorporant, mise en place et maintien la filiale américaine lors de la phase de démarrage.

    Je suis d’accord avec les 5 points de Patrick au sujet de faire une rentree aux USA ainsi que les reponses a ceux points de Phil Jeudy. Mais vous pouvez reussir si vous connaissez bien les reseaux de bonnes services comme les miennes et possedez du courage et determination.

    Je serais heureux de vous offrir gratuitement mes avis si vous anticipez de venir tenter la chance aux Etats Unis.

Laisser un commentaire