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Concours de startups : je passe mon tour

Concours de startups, le retour. Après un avis positif, place à un point de vue négatif avec ce billet de Jérôme Marteaux*, co-créateur de Carte des vins.       Les arguments avancés dans l’article Les concours de startups, un passage obligé ? sont convaincants : participer aux concours de startups sera toujours positif pour ce que ça apporte en visibilité, contacts et apprentissage de l’art du pitch. Mais malgré cela, mon associé et moi-même ne nous y sommes encore jamais intéressés. Pourquoi ?     

  

    

Je vous propose un angle de vue un peu particulier, qui décrit notre processus de décision. J’ai essayé de le théoriser selon 3 axes, histoire de mettre des mots sur une intuition.    

1 – A propos d’écosystème       

Une entreprise ne se développe pas uniquement parce que son offre rencontre une demande. Mais également parce qu’elle sait prendre soin de son écosystème composé de ses clients, ses fournisseurs, ses partenaires, ses investisseurs, ses concurrents, etc…      A priori, les concours de startups favorisent cette activité (développer son écosystème) : c’est plutôt génial, on peut y rencontrer tout l’écosystème du monde des startups High-Tech en France ! Mais attention, ce n’est pas parce que notre entreprise est une startup High-Tech que son écosystème se confond avec celui de toutes les autres startups. Ce ne sont pas forcément les mêmes écosystèmes.      Alors nous nous posons la question : quel est l’écosystème propre à notre entreprise ? Pourrait-il être inclus dans celui des concours de startups ? Sinon, n’y a-t-il pas d’autres moyens de le rencontrer ?       2 – A propos du bon timing      On pourrait également se poser la question du bon moment pour participer aux concours de startups.      Faut-il y participer au tout début, quand le projet est au stade d’une présentation PPT ? Faut-il attendre d’avoir un premier prototype ? Ou bien d’avoir validé son modèle économique avec ses premiers clients ?      Je pense que les enjeux ne sont pas les mêmes selon le stade de développement dans lequel se trouve l’entreprise : confronter son idée au réalisme des intervenants, rechercher une visibilité sur le web, développer son écosystème, tester son prototype, engranger les premières commandes, trouver des partenaires, rechercher un financement, etc..      En fait, à chaque stade de développement de l’entreprise correspond un enjeu que l’on peut gagner en participant à des concours de startups. C’est donc aussi une question de timing.      3 – Une seule contrainte : le temps      C’est la pire des contraintes. Il ravage tout sur son passage, détruit les plus belles ambitions quand on en manque. Or participer aux concours de startups est consommateur de temps. Il suffit simplement d’évaluer si le « jeu en vaut la chandelle ».      La synthèse      D’abord, le temps est ce qui nous fait le plus défaut : avec Cyril mon associé, nous avons tous les deux nos jobs « alimentaires », nos familles et chaque instant que nous consacrons à notre startup doit être optimisé (le soir, le week-end, la journée dans les temps morts). Cela nous pousse à être très sélectifs.      Aujourd’hui, nous en sommes au stade de la version privée sur l’Appstore, en cours de validation. Sa publication est imminente. Nous avons constitué une équipe de testeurs, certains étant des experts dans le domaine du vin. Notre obsession du moment : être à leur écoute pour améliorer sans cesse notre produit (pour les fans du Lean, notre Minimum Viable Product), voire réaliser des pivots. Il nous semble que participer à des concours ne contribue pas à atteindre cet objectif. C’est peut-être trop tôt.      Enfin, l’analyse de notre écosystème montre que celui-ci est plutôt en dehors du web et qu’il est constitué principalement de prospects (les early adopters) et d’experts. De plus notre modèle économique est assez simple pour l’instant : vendre une app à haute valeur ajoutée. Il n’y a donc pas nécessité vitale pour le développement de notre entreprise à participer à des concours.      Vous l’avez donc compris, les concours de startups ne font pas partie de nos priorités.      Mais demain, il faudra faire évoluer notre modèle économique et il est certain que notre écosystème s’en trouvera transformé : partenaires, nouveau marché B2B, affiliations e-commerce, etc.      Alors participer à des concours de startups deviendra peut-être une évidence et un « must have ».      J’ai donc trouvé cette formule qui nous convient bien : Je passe mon tour, et j’attends le tour suivant ! C’est une façon de montrer que participer aux concours de startups, c’est pas automatique.     Voilà, en tant qu’entrepreneur et débatteur passionné, j’espère avoir apporté ma contribution à cette réflexion. Merci Patrick pour m’avoir permis de m’exprimer !       Merci, Jérôme, le débat est lancé…      *A propos de Jérôme Marteaux      Jérôme a rencontré son associé Cyril chez Magneti-Marelli (équipementier auto). Lui codait, Jérôme validait. Depuis plus d’un an, ils travaillent sur le projet Carte des vins : vous êtes au restaurant, c’est votre tour de choisir le vin et vous hésitez. Dans l’application, vous rentrez les vins de la carte, les mets choisis et vous obtenez directement un classement vous permettant de choisir le vin s’accordant le mieux.      Le secret ? Une approche statistique permettant de s’affranchir de la contrainte d’avoir une base de données complète. L’appli proposera toujours une solution. Et les compétences des deux fondateurs sont complémentaires: Cyril s’occupe du développement technique, Jérôme du développement commercial.    

La version privée sur l’Appstore est en cours de validation par une équipe de testeurs et elle sera bientôt diffusée au prix de 1,59€.  
 
 
 
 
 
 
 
      

4 Réponses à Concours de startups : je passe mon tour

  1. PierrickFil 19 juillet 2012 at 9:35 #

    Bonjour,

    Je rejoins complètement le point de vue de cet article et sa désormais célèbre formule « Je passe mon tour, et j’attends le tour suivant ! ».

    Et je renouvelle mon point de vue : le public d’un tel concours ne contient probablement pas beaucoup de vos futurs clients, et c’est bien vers eux qu’il faut faire un effort de communication.

    Bonne journée

  2. Mathieu 19 juillet 2012 at 9:52 #

    Bonjour,
    Je suis à peu près dans la même philosophie… les concours, je verrais plus tard.
    Trop de chose à couvrir en trop peu de temps pour transformer un projet en une startup capable de grandir. Au delà de l’aspect technologique, il y a également le temps consommé pour tout ce qui tourne autour de l’administratif. « Job alimentaire » oblige (et c’est un job à 50h par semaine), faire ça deuxième semaine de 50 heures pour sa startup relève du numéro d’équilibriste.
    J’aime bien aussi le « Je passe mon tour, et j’attends le tour suivant! ». Aujourd’hui nous nous concentrons sur les derniers tests de robustesse pour lancer notre service début Septembre.

  3. Julien CROUZET 19 juillet 2012 at 10:08 #

    Un point est oublié : Le networking !
    La participation au concours n’est certes pas obligatoire, mais aller à la remise de prix est un must.
    D’expérience, vous y croiserez en une soirée bcp de business-angels (dont Patrick ;)), les meilleurs développeurs, vos fournisseurs, des partenaires, journalistes, etc.
    Ces soirées-là sont des mines d’or pour tout entrepreneur !

  4. JérômeM 19 juillet 2012 at 10:47 #

    @Pierrick: Entre Lyonnais, on se comprend ! 😉
    @Mathieu: 100h/semaine,quel challenge! Attention à la surchauffe, alors je te souhaite sincèrement bon courage.
    @Julien: ce que tu appelles le Networking, je pense que je le nomme Ecosystème dans l’article. Donc je suis d’accord avec toi sur le fond: c’est sur des salons, concours, rassemblements, que l’on obtient les meilleurs résultats pour développer son réseau/ecosystème. C’est juste une questions de priorités. A chacun de trouver les siennes.

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