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Entretien avec Roxanne Varza – Analyse des startups en France

Article de Stéphane CastellaniBeaucoup d’entre vous connaissent déjà Roxanne Varza (à travers les soirées Startups et les événements TechCrunch ou plus récemment FailCon). Au centre de l’éco système des startups françaises depuis plusieurs années, elle se présente aujourd’hui à Business Angel France et fournit quelques analyses tirées de son observation des startups en France.1/ Bonjour Roxanne, pourrais-tu stp te présenter en quelques mots ? Hmm…je ne sais jamais comment il faut répondre à cette question, surtout en ce moment car je suis en période de transition avec mon travail. Mais pour faire simple, je suis passionnée de l’entrepreneuriat, l’innovation et la France ! Mais si on veut parler plus concrètement, j’ai été la rédactrice en chef de TechCrunch France pour un an et demi après Ouriel Ohayon et Alain Eskenazi, j’ai co-fondé la branche française de Girls in Tech Paris (une association qui vise à donner plus de visibilité aux femmes dans l’entrepreneuriat et les nouvelles technologies) et je suis une des co-organisatrices de l’édition française de la Failcon (une conférence dédiée à l’échec).2/ Qu’est ce qui t’avait poussé à rejoindre Techcrunch à tes débuts ?En fait, tout s’est fait par hasard ! C’est TechCrunch qui avait découvert mon blog ridicule (TechBaguette) où je parlais des startups françaises et de l’innovation en France et m’a contacté par la suite. Au départ, j’avais un peu peur de relancer le site française car je suis de langue maternelle anglaise et les lecteurs de TechCrunch France sont parfois très…exigeants. De plus, il existait déjà d’autres blogs en français et moi, mon objectif était de promouvoir l’entrepreneuriat en France en anglais. Mais bon, c’était une très bonne expérience qui m’a permis de beaucoup apprendre et de jouer un rôle important dans l’écosystème français.3/ Que retiens-tu des nombreuses soirées d’entrepreneurs auxquelles tu as assisté ? C’est une question marrante car ça dépend vraiment de l’évènement. Souvent, les gens disent que tous les évènements sont pareils, qu’on voit toujours les mêmes personnes, etc. Mais le nombre d’évènements s’est beaucoup développé depuis mon arrivée en France en 2009, à l’époque il n’y avait même pas de Startup Weekend et aujourd’hui la France est le 2ème pays en terme du nombre d’évènements après les US !! Donc ce que je retiens est que la France a fait énormément de progrès et que ces évènements permettent de faciliter les échanges et d’établir une vraie communauté tech. Et même si j’ai assisté à plein de conférences, je suis toujours en train de découvrir de nouvelles choses et de rencontrer de nouvelles personnes !Malgré tout ça, j’ai assisté à une ou deux conférences organisées par l’Etat ou qui avait un lien avec l’administration – et là je dois dire qu’il y a un vrai décalage. Les organisateurs de ces évènement n’avaient pas compris le style, le ton et les sujets qu’il faillait aborder. C’est peut-être quelque chose à améliorer  – ou à abandonner tout simplement.4/ Selon toi, quelle est la place des femmes dans l’entrepreneuriat français aujourd’hui ? Comme se dessine cette tendance pour les années qui viennent ? Quand on a décidé de créé Girls in Tech à Paris avec Mounia Rhka, on visait environ 20 participants pour le premier évènement. On croyait qu’il y avait vraiment très peu de femmes dans les nouvelles technologies en France. Mais on a eu 80 personnes à notre premier évènement et on a découvert plein d’autres réseaux féminins par la suite. Je suis ravie de voir autant de femmes dans la communauté tech française – et de voir que ces réseaux évitent d’adopter un discours trop féministe, car c’est pas vraiment l’objectif.Donc pour répondre à la question, je vois de plus en plus de femmes prêtes à s’engager dans les nouvelles technologies. La plupart des entrepreneurs femmes créent des startups dans les domaines de la mode ou de la beauté, mais pas que ça – c’est en train de changer. Et je pense qu’on verra de plus en plus de startups créées par des femmes dans les années à venir.5/ A ton avis, quelle est la principale source d’échec d’une startup en France ? Question difficile !! Comme beaucoup d’entrepreneurs ont du mal avec le sujet, je n’ai pas beaucoup de visibilité sur les échecs rencontrés. Le fait que tout le monde évite d’en parler librement est forcément au coeur du problème – si on ne parle pas de ses échecs, les autres feront probablement la même chose. Mais j’ai vu des sociétés qui ont eu des problèmes liés à leurs équipes et aux ressources humaines, liés aux problèmes de financement, liés à la taille du marché, liés au produit… Il y a plein de raisons, mais en règle générale, les entrepreneurs qui n’arrivent pas à reconnaitre des problèmes et à répondre correctement (ce qu’on appelle « l’agilité ») ont souvent du mal à survivre…6/ Et la principale source de réussite ?L’agilité. 🙂 En fait, je me rappelle d’un discours de John Chambers (le PDG de Cisco) que j’avais vu aux US. Il a dit que le succès d’une société est 10% innovation et 90% exécution. Je pense que les sociétés qui réussissent savent bien exécuter – pas forcément innover.7/ Quels sont très  projets actuels ? Bonne question. Comme je l’ai déjà dit, je suis actuellement en période de transition – je rejoins (enfin !) une startup en octobre. Sinon, je vais continuer avec mes autres projets, notamment Girls in Tech et la Failcon, qui sont tous les deux en train de se développer en Europe. Et même si je n’écris plus pour TechCrunch, j’ai toujours mon TechBaguette.J’ai également d’autres projets qui n’ont pas de rapport avec les nouvelles technologies et l’entrepreneuriat, comme l’art, la danse et l’écriture.8/ Où te vois-tu dans 5 ans ? C’est peut-être pas très original, mais j’ai envie de créer une startup et de la créer en France. Je sais que ça doit paraitre bizarre, notamment pour les personnes comme Loic Le Meur qui ont fait le chemin dans l’autre sens, mais pourquoi faire comme tout le monde ? D’ailleurs, j’adhère à l’idée que chaque marché présente des opportunités différentes à exploiter.Alors, quelqu’un cherche une cofondatrice ? 🙂—Merci Roxanne pour cette interview et je suis heureux d’apprendre que tu cherches à monter une startup en France. Il y a en effet de gros potentiels à exploiter même si les effets d’échelle sont loin d’être aussi forts qu’aux Etats-Unis. Je te souhaite bon courage pour les mois qui viennent !Stéphane
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