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Les 10 erreurs les plus fréquentes des startups web

Article de Cédric LabeauA force de discuter avec des fondateurs de startups évoluant dans le monde merveilleux du web et du mobile, je me suis rendu compte que la majorité des problèmes qu’ils rencontrent découlent des mêmes erreurs.Après l’article d’Emmanuel sur les 10 commandements du plan de trésorerie, voici ma liste des 10 erreurs les plus fréquentes des startups web.  Remarquez que je n’ai tout de même pas poussé le vice en intitulant cet article « les 10 plaies des geeks »…

1.  Sous évaluer le tempsVous avez prévu trois mois pour développer votre prototype ? Il vous en faudra neuf. Six pour dépasser les 10.000 utilisateurs ? Soyez sûr que cela en prendra 18.Se tromper sur l’estimation du temps nécessaire pour atteindre vos objectifs peut compromettre l’avenir de votre startup. En effet, l’un des facteurs de succès dépend de votre capacité à être dans le « bon timing ». Si votre idée l’est mais que votre produit sort trop tard, vous n’irez pas bien loin.Pour ne pas avoir de mauvaises surprises, prenez l’habitude de multipliez par 3 le temps que vous évaluez pour atteindre les étapes importantes.2.  Croire au miracle Certaines startups se sentent perdues et abattues lorsque qu’elles constatent que leur produit ne séduit pas immédiatement des milliers d’utilisateurs. A force de lire les histoires (romancées…) de startups comme Instagram, on peut penser qu’il suffit de lancer son site ou son application mobile et de créer  le « buzz » pour que le succès soit immédiat.Mais encore faut-il déjà réussir à réunir l’équipe parfaite afin de développer un excellent produit… N’espérez donc pas un miracle mais prévoyez différents plans stratégiques. Même si certaines startups connaissent un énorme succès en peu de temps, cela reste une minorité.Et ne vous découragez pas face aux échecs. Un business se construit le plus souvent brique par brique.3.  Ne pas maitriser son cœur d’activité Si vous n’avez pas d’associé « technique » et que vous sous-traitiez le développement de votre site web ou de votre application mobile, alors qu’il s’agit du cœur même de votre business, vous n’aurez jamais la main sur celui-ci et serez toujours dépendant de votre prestataire.La moindre modification ou maintenance prendra du temps et vous manquerez de réactivité. Et je vous laisse en plus imaginer la catastrophe en cas de conflits avec celui-ci….Trouver le ou les associés avec des compétences complémentaires est important si vous voulez être réellement à la barre de votre startup.4.  Penser à l’enversVotre produit peut vous plaire et pourtant n’intéresser que très peu de personnes. C’est ce qui arrive aux startups qui se focalisent trop sur celui-ci et non sur leurs futurs utilisateurs.Si vous voulez peindre du bleu parce que vous aimez cette couleur mais que vos clients veulent du vert, il va falloir faire avec. N’oubliez pas que vous développez un produit pour eux avant tout !Même s’il vous faut pour cela virer une fonction que vous adorez et qui vous a pris du temps à développer…5.  Mal comprendre les utilisateursUne mauvaise compréhension de ce que veulent vos utilisateurs et vous vous retrouvez avec une offre complètement en décalage.Ecouter les utilisateurs ne signifie pas que vous devez céder à chaque caprice. Pour comprendre vos clients, vous devez décrypter leurs vrais besoins et désirs qui se cachent derrière des demandes ou reproches parfois mal formulées.Dans tous les cas, prêtez toujours attention aux critiques qu’elles soient positives ou négatives. Ce sont de bonnes sources d’inspiration !6.  Se tromper de cible C’est une erreur bêtement fatale. Pourquoi bêtement ? Parce qu’il arrive que le produit soit bon mais que la cible ne le soit pas. Les fondateurs pensent alors que leur offre n’intéresse personne et préfèrent tout stopper.Mais les utilisateurs ne sont pas nécessairement vos cibles directes. Ne cherchez pas à cibler la masse au risque de passer inaperçu.C’est votre médecin qui vous prescrit les médicaments que vous utilisez, pas le groupe pharmaceutique qui les fabrique.7.  Etre trop perfectionnisteEn étant trop pointilleux, vous risquez de ne jamais lancer votre produit ou de rater le coche en le sortant trop tard.La vitesse d’exécution est primordiale dans le web et vous devez vite être capable de vous positionner.  Allez donc à l’essentiel afin de rapidement « tester » votre marché en offrant un produit qui soit séduisant, fonctionnel et capable de supporter une montée en charge (un crash fatal en pleine croissance est toujours désagréable…).Et dites-vous bien que, de toute façon, votre produit ne vous paraitra JAMAIS parfait !8.  Avoir une offre incompréhensible Avoir un fort trafic dès le lancement de votre offre ne sert à rien si les utilisateurs ne reviennent pas. C’est ce qui arrive aux startups qui se focalisent excessivement sur les fonctionnalités. Trop de fonctions brouillent le message que vous souhaitez faire passer. Restez donc simple. Pour qu’un client accroche immédiatement à votre offre, il doit avant tout la comprendre et ressentir immédiatement un intérêt à l’utiliser.Votre priorité est de vous bâtir une communauté de « fans », pas de noyer vos utilisateurs sous un tas de fonctions. Si vous lancez une application mobile pour connaitre le nombre de chiens présents dans un rayon de 500m, ce n’est pas important de savoir pour l’instant s’il s’agit d’un caniche ou d’un lévrier…Faites donc en sorte que votre offre atteigne son objectif principal. Vous aurez tout le temps d’ajouter des fonctions supplémentaires au fil du temps.9.  Etre aveuglé par l’amour  Un fondateur trop attaché à son idée de départ et à la vision qu’il a de sa startup dans le futur risque de se planter s’il n’est pas prêt à changer de cap en cas d’échec.Groupon n’aurait jamais vu le jour si son fondateur Andrew Mason était resté accroché à son idée de base (The Point ).Car ce qui ne fonctionne pas, ne fonctionne pas ! Ne vous entêtez pas et soyez prêts à pivoter rapidement. Un changement de direction n’est pas un abandon mais simplement un moyen de créer une startup d’envergure.10.  Vouloir aller trop viteIl est normal de souhaiter conquérir le monde. Le web a d’ailleurs l’avantage d’offrir plus facilement cette possibilité. Mais vouloir s’y attaquer dès le lancement de votre offre est le meilleur moyen pour battre de l’air, flamber votre compte bancaire et échouer.Cela demande des ressources humaines et financières considérables et les mobiliser sans avoir  encore de « preuves » réelles que votre produit puisse plaire à un grand nombre d’utilisateurs est suicidaire.Le plus efficace, tout en étant plus simple et moins couteux,  est de trouver  une porte d’entrée, un axe vous permettant de tester votre produit à une petite échelle avant de le répliquer en grand. C’est ce qu’a fait par exemple Facebook en s’implantant pendant plus de 2 ans dans les universités puis certaines entreprises avant d’ouvrir leur réseau social à tout le monde.

9 Réponses à Les 10 erreurs les plus fréquentes des startups web

  1. cabinet business intelligence 17 mars 2013 at 12:11 #

    Merci Cédric pour cet article, très intéressant! Je viens de découvrir votre site internet et je compte vous suivre sur twitter.

    La rapidité d’exécution et le pragmatisme sont de mises dans l’internet. Plutôt que de vouloir lancer le produit parfait, autant le lancer rapidement et itérer pour obtenir rapidement une solution proche du besoin client. Beaucoup oublient aussi qu’un business sur internet demande beaucoup de compétences: celles d’un chef d’entreprise classique mais aussi des compétences techniques très poussées. Le temps où mettre www devant le nom de sa société suffisait est révolu. L’investissement initial est de plus en plus élevé sur le web.

    Je vous invite à échanger sur twitter (@morganmace_cs).

  2. Seb @Onetous 17 mars 2013 at 19:31 #

    Excellent article : un bon résumé. Des constats validés par ma propre petite expérience de startupper avec Onetous. Intéressant de voir que l’on a évité certaines erreurs et que l’on a été en plein dans d’autres (la 1, la 2 et la 8 par exemple). Le tout n’est pas d’éviter les erreurs, mais d’apprendre et de savoir rebondir rapidement fort des expériences, constats et itérations réalisés. Les erreurs, quand elles ne sont pas fatales, sont des forces : leur analyse puis leur exploitation permettent la construction d’avantages concurrentiels. Le plus dur reste de les identifier et d’avoir la capacité ou l’honnêteté d’accepter que l’on est en train de les faire : pas toujours facile quand on est la tête dans le guidon !

  3. Denis 18 mars 2013 at 1:28 #

    Un sujet vraiment pertinent et deux premiers commentaires qui ne le sont pas moins!

  4. Emmanuel 18 mars 2013 at 10:44 #

    Très bon billet !

    Je rajouterai :

    11/ Croire que l’on peut tout faire tour seul

    12/ Croire que les clients payent

  5. Benjamin 18 mars 2013 at 11:29 #

    Excellent article.

    @Emmanuel : pas du tout d’accord avec votre 12. La bonne cible paye. Si vos clients ne payent pas, c’est que vous n’orientez pas votre produit sur la bonne cible. Et on rejoint le point 6.

    Du coup, je vous propose mon propre point 12 : perdre de vue ses objectifs.
    Quand on a réussi à constituer une équipe technique pointue, la tentation est grande de s’orienter vers ce qui rapporte le plus vite de l’argent : le service, notamment le développement.
    Mais le temps passé en prestation est du temps en moins passé sur votre projet, et la mort quasi-certaine de celui-ci.
    J’ai eu beaucoup d’exemples et très peu de contre-exemples.

  6. Emmanuel 18 mars 2013 at 12:14 #

    @Benjamin

    Je me suis mal exprimé… je parlai des « impayés » des clients (donc la cible), la trésorerie qui est à l’éxterieur et ne sera peut être jamais à l’intérieur…

    Beaucoup d’incidents de paiement, en plus des fameux paiement à 90 jours fin de mois, tuent les jeunes-pousses qui n’ont pas encore moyen de négocier la tréso avec leur banque.

  7. Patrick 18 mars 2013 at 12:31 #

    @ Benjamin et Emmanuel
    Concernant les impayés clients, mes expériences d’accompagnement de startups mettent en évidence :
    – qu’elles facturent souvent en retard leurs clients
    – qu’elles n’osent pas et ne prennent pas le temps de les relancer
    De mon côté, je peux vous dire que quand j’ai créé https://www.justeatemps.com, j’ai mis en place dès le premier jour un process vertueux et efficace de suivi des règlements clients.
    + d’infos sur https://www.patrick-hannedouche.fr/treso-positive-besoin-en-fond-de-roulement-negatif/

  8. sglsgl 18 mars 2013 at 17:22 #

    La 13ème erreur consiste à rester en B2C.
    Le B2C coûte très cher en € par client régulier ou payant.
    La démarche pour une startup est le B2B2C.
    Avec les arguments quantifiés sur vos premiers dizaines de milliers de clients C, aller voir des B, qui ont bcp de clients et de l’argent,
    et regarder avec eux comment votre techno et votre marketing mix peut leur permettre d’augmenter leur ARPU par client-visiteur… et partager 🙂

  9. Tracy 5 juin 2015 at 10:07 #

    Article très intéressant. Je pense que beaucoup d’entrepreneurs négligent énormément leur identité visuelle alors que celle-ci est d’une importance capitale. Pour attirer des clients, il est impératif de refléter une image sérieuse et qui transmet de manière claire les services que vous proposez. Je pense que tout entrepreneur doit investir dans son identité de marque c’est-à-dire pour la réalisation de son logo, site web, supports publicitaires, etc. Le logo est l’élément essentiel de votre identité visuelle. Il doit être original afin de se démarquer des autres entreprises, mémorable mais simple. Les entrepreneurs ne disposent pas de beaucoup de fonds et ont donc un budget assez restreint. Je pense que dans ce cas, la meilleure option pour obtenir une identité visuelle de qualité est de se tourner vers les plateformes de crowdsourcing comme https://www.designonclick.fr. Sur ces plateformes, vous avez la possibilité de lancer un concours de design et de confier vos taches graphique à des nombreux designers. Vous pouvez choisir parmi une variété de propositions et sélectionner le design gagnant. Vous fixez votre budget et si vous n’êtes pas satisfait, vous êtes remboursé. Je recommande cette méthode à tous les entrepreneurs !

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