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Les angoisses du créateur d’entreprise

Vous allez créer votre boite ou vous êtes déjà startupper et votre quotidien est rempli d’angoisses. Rassurez-vous, 21 ans après avoir créé Juste à temps, c’est encore mon cas. Voici donc un florilège d’angoisses propres aux entrepreneurs et quelques remèdes pour les combattre.

1. J’y vais ou j’y vais pas ? Déjà plusieurs mois que vous peaufinez votre projet et le jour est venu de prendre la décision de vous lancer. Les solutions : ne tergiversez pas trop (un entrepreneur, c’est avant tout un décideur) et créez votre première boite le plus jeune possible quand vous n’avez pas (encore) de goûts de luxe. Par contre, assurez-vous d’avoir la trésorerie pour tenir 6 mois (12, c’est mieux). 2. Quand vais-je faire mon premier € de chiffre d’affaires ? Vous avez déjà eu dix rendez-vous de présentation, trois deuxièmes rendez-vous et pas une commande ferme. Patience, vous allez bientôt avoir l’angoisse suivante : « Comment vais-je m’organiser pour absorber tout ce chiffre d’affaires ? » 3. Je n’aurai pas le temps de tout faire. C’est vrai que la création d’entreprise, c’est une multitude de tâches. Voici mes solutions : travaillez moins et mieux (à ce sujet, connaissez vos moments de forme ; moi c’est le matin) et ne soyez pas (trop) perfectionniste. 4. Je vais être dans le rouge à la banque. Comme pour moi c’est la plus grosse angoisse, j’ai toujours fait en sorte que ce ne soit pas le cas. Maintenant, si c’est le votre, voici les solutions : capitalisez bien votre entreprise, ayez un fond de roulement négatif et surtout faites rentrer l’argent. C’est fou le nombre de créateurs que je connais qui sont à la bourre pour leur facturation et n’osent pas relancer les mauvais payeurs. 5. Est-ce que je vais savoir le faire ? Vous venez de signer un gros contrat et vous visualisez tous les obstacles. Appliquez Sénèque : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » 6. Le recrutement de votre 1er salarié(e). Pour réduire le risque d’erreur, demandez systématiquement un avis extérieur et arrêtez rapidement la collaboration avec votre salarié si ça ne colle pas. Oui, vous avez le droit à l’erreur ! 7. A qui parler de mes angoisses ? C’est la que votre entourage personnel est très important. En effet, ne parlez surtout pas de vos angoisses à votre environnement professionnel (collaborateurs, clients, partenaires…). Un patron se doit d’inspirer confiance.

Alors, rassuré(e)s ? En tout cas, vous l’avez compris, c’est normal et sain d’avoir des angoisses. Comme le dit l’ami Xavier Sillon de Vodeclic : « Ne plus avoir d’angoisses, ce n’est pas bon signe du tout ». Allez, je suis en forme, voici deux derniers conseils de Patrick : • Soyez très occupés, vous cogiterez moins. Ayez d’autres centres d’intérêt que votre boite afin de ne pas y penser 24H sur 24. Sur ce point, je reconnais que les femmes sont bien meilleures que les hommes.Tous mes remerciements aux contributeurs de cet article, notamment Annie Roussey, Thierry Petris, Joackim Boucetta, Stéphane Castellani… avec une mention spéciale pour ma femme Annie qui supporte mes angoisses au quotidien. Et merci aussi à Dynamique Entrepreneuriale pour sa diffusion dans son numéro de septembre.Patrick

8 Réponses à Les angoisses du créateur d’entreprise

  1. Cédric Labeau 17 septembre 2011 at 9:10 #

    C’est rassurant de voir que tous les entrepreneurs sont stressés:)
    Pour ma part, ce qui m’angoisse le plus c’est d’ouvrir le courrier…étrange j’avoue…

  2. hannedouche 17 septembre 2011 at 10:44 #

    Petit conseil por le courrier, Cédric.
    Quand tu l’ouvres, tu te dis qu’il est plein de chèques 🙂
    Amitiés.
    Patrick

  3. Joackim Boucetta 17 septembre 2011 at 13:01 #

    Très bon article qui résume bien les angoisses que peuvent avoir en général les créateurs d’entreprise. J’ajouterai une chose angoissante plus spécifique au milieu du web qui est l’aspect développement technique. Le délai de réalisation, la finition et la réaction du public peuvent être aussi angoissantes.

  4. Cédric Labeau 17 septembre 2011 at 14:49 #

    Merci Patrick! je vais appliquer le conseil 😉
    Je suis d’accord avec toi Joackim, dans le web il faut tout multiplier par 2. Si on te dit 6 mois de développement, hop tu comptes un an! 3 mois pour atteindre 5000 utilisateurs? Hop! 6 mois! C’est magique 🙂 On devrait appeler ça le facteur « chantier et bâtiment »…
    Plus sérieusement, le fait de prévoir des temps de réalisation plus importants évite de se retrouver dans une situation stressante. Ce n’est pas sans raison qu’un porteur de projet prend en compte le « Time To Market ».

  5. Stéphane Castellani 18 septembre 2011 at 7:41 #

    Merci Patrick pour ces bons conseils.
    Je rajoute une angoisse qui est la peur de ne pas s’attaquer à la bonne priorité. En effet, dans une startup, le patron s’attèle à divers domaines qui peuvent être tout aussi bien techniques que commerciaux ou financiers. Et il faut souvent changer de casquette !
    Pour ce qui est du milieu du Web, je rejoins Joackim et Cédric: si vous pensez qu’un développement technique va prendre 3 mois, soyez sûr qu’il va en prendre 9 (ça fait plus de dix ans que je travaille dans l’informatique et le facteur 3 (parfois 2,5)) s’est toujours appliqué (je m’en suis fais une raison).
    Il en est de même pour l’accroissement du nombre d’utilisateurs …
    Du coup, je conseille d’avoir 18 à 24 mois de tréso derrière soi (et oui, rien que ça), c’est la raison des levées de fonds. Se lancer dans le Web est comme construire un hôtel. Tant qu’il n’est pas terminé, vous ne pouvez pas l’exploiter. Mais là où une banque vous suit avec un prêt pour l’hôtel, le Web est dépourvu de financement bancaire.

  6. Cédric Labeau 19 septembre 2011 at 14:17 #

    En disant de multiplier par 2 j’étais encore trop gentil, je pense que le conseil de Stéphane de prendre un facteur 3 est plus judicieux. C’est d’ailleurs un conseil utile autant pour les entrepreneurs que pour les investisseurs. Quand je vois des BP où il est prévu 3 mois de développement avec 5 mois de trésorerie d’avance ça me fait peur:)

  7. R.l 21 septembre 2011 at 13:04 #

    Ou la solution consiste à rester salarié simultanément pendant le début de l’aventure d’entrepreneur !! Mais dans ce cas faites une croix sur votre vie de famille et sur vos temps libre !! Mais cela permet de moins être « short » niveau trésorerie . Mais cela reste possible que temporairement tant que la charge de travail de l’entreprise le permet .

  8. Cortizo Rocio 2 octobre 2011 at 10:07 #

    Bonjour, moi ce qui m’angoisse ou plutot me perturbe c’est le fait d’avoir une idee de projet tres claire et voir comment mon environnement me dit que c’est n’est pas l’endroit ideale sans savoir ce que j’ai en tete, et d’un autre côté étant nouvelle dans la région ça m’a causé des douttes car je sais pas á qui dois-je parler pour avoir une vision plus juste et réaliste. Chambres de commerces, mairies, banques, chambre des métiers, internet…. qui de plus faut pourrais-je aller consulter? ´Peut être mon idée est trop extravagante ? ou hors normes?

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