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Startup : comment choisir sa banque ?

Article de Romain LhezVoici une question qui touche toutes les startups. Bien malheureusement c’est une question rhétorique.Le seul choix qui s’offre à vous consiste à choisir entre banque en ligne et agence bancaire. Je conseillerais de se tourner vers une banque en ligne si vous n’avez pas besoin de solution de paiement en VAD, vers une agence bancaire dans le cas contraire.Le secteur bancaire est oligopolistique. Toutes les banques vous proposeront des offres très proches. Par ailleurs, startups, excluez d’emblée la possibilité d’obtenir un prêt bancaire.Ce n’est pas tout : vous ne choisirez pas votre banque. Dans la pratique, c’est l’inverse qui se passe. Pour ouvrir un compte vous devrez présenter un dossier de 3-4 pages expliquant votre activité et un prévisionnel financier au directeur d’agence. Avec un peu de chance, vous pourrez alors payer vos 20 ou 30 € HT de frais mensuels et nantir quelques précieux milliers d’euros pour couvrir les risques liés à votre solution de paiement (ne me demandez pas de quels risques on parle, je n’ai toujours pas compris…).

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Ah, autre chose : vous avez une grande probabilité de faire faillite dans les années à venir et vous leur donnerez probablement plus de travail qu’un client standard donc vous ne les intéressez pas.On pourrait imaginer la qualité de la relation que vous avez avec votre conseillère pro comme critère de choix. J’ai personnellement une très bonne relation avec ma conseillère (si elle lit ces lignes, ça pourrait changer !), c’est une femme particulièrement sympathique (et efficace lorsqu’il s’agit de me rétrocéder les frais que je conteste ! ). Problème : ses compétences ne vont pas beaucoup plus loin que la gestion d’un compte courant… Exit donc ce critère de choix.Vous l’avez probablement compris, startupers, votre banque va vous coûter un peu d’argent mais surtout du temps si vos demandes ne sont pas totalement standards. Pour expliciter le deuxième point, je vais vous raconter comment l’installation de ma solution de paiement en VAD m’a valu plus d’une semaine de boulot en cumulé.

Mettre en place une solution de paiement en VAD

Sans rentrer dans les détails, la solution de paiement implémentée sur MyEasyPet.com est plus complexe qu’un paiement standard and you are done.Pour la mettre en place, j’ai du comprendre le fonctionnement :
  1. De la solution de paiement elle-même (15 pdf de documentation pas complètement à jour ni complète).
  2. De la structure interne de la banque.
La monétique de ma banque est gérée selon le triangle : agence, service administraitf monétique du siège, support technique opéré par une autre société. L’agence fournit la demande d’adhésion au centre administratif qui transmet alors au service technique.Ma conseillère ne comprenant pas le moins du monde les problématiques de paiement, nous avons initialement recopié la demande d’adhésion d’un client qu’elle avait eu précédemment… Mise en place du dossier… Premiers échanges avec le service technique pour m’apercevoir qu’il fallait ajouter des options… Sitting à mon agence… Transmission au centre administratif d’un amendement au contrat… Ca ne marche toujours pas… Re-sitting devant l’agence… L’amendement n’a pas été pris en compte administrativement… Nécessité pour le service technique de procéder à une nouvelle inscription dans les systèmes… Ca fonctionne !Bilan : 3 après midi à l’agence et 50 coups de fil sur 2 mois…

Le futur de la banque

A la décharge des banques, ce sont des organisations tentaculaires soumises à de fortes contraintes administratives et réglementaires. En découlent des systèmes d’information et des procédures complexes ainsi qu’un fonctionnement très administratif.La bonne nouvelle est que cela ouvre de nombreuses opportunités pour des startups d’inventer le futur de la banque ou la banque du futur. Pour tous les intéressés, je renvoie à l’excellent article de Nicolas Guillaume sur ce sujet.Bonus track : Voici quelques solutions de paiementConclusion de PatrickMerci, Romain. Sur ce sujet, vous pouvez également lire Choisir une banque : les critères à retenir de l’ami Guilhem Bertholet et Etes-vous bankable ? que j’ai écrit en mars 2010. Pour ma part, je confirme qu’il n’y a pas grand chose à attendre des banques au moment de la création de votre boite. Je vous conseille quand même d’en présélectionner 2 ou 3 et de les mettre en concurrence…sans trop vous faire d’illusions. Maintenant, s’il y a des banquiers qui lisent ce billet, nous attendons leurs réactions et leurs conseils.

10 Réponses à Startup : comment choisir sa banque ?

  1. Guillaume 27 juin 2011 at 12:17 #

    Ah la galère de la banque pour les startups… C’est malheureusement souvent au petit bonheur la chance ! Les banques vous regarderont toujours un peu de travers avec votre projet (quelle idée aussi de créer une boîte).

    Il est en effet très rare de trouver en agence un conseiller capable de comprendre les problématiques du Web (business model, TPE, etc.) quand ils sont plutôt habitués à traiter avec les petits commerçants (vous savez ceux qui débarquent avec un gros sac remplis de billets ou de pièces qu’il faut compter, et bien sûr juste avant votre tour).

    Oubliez les prêts, autorisations de découvert, etc. avant d’avoir levé des fonds ou réalisé un exercice positif pendant au moins 2 années.

    La banque est plus une formalité administrative avec beaucoup de contraintes et peu d’avantages, plutôt que le partenaire de votre projet vanté dans leurs publicités qui relèvent de la pure fiction 🙂

  2. Emmanuel aime attendre 28 juin 2011 at 23:20 #

    Témoignage très intéressant !
    Quelle est cette banque histoire de l’éviter pour sa solution de paiement VAD ? Sauf si elles sont toutes pareilles :/

    Pour ma part je suis chez HSBC Business direct, à ma connaissance la seule offre pro entièrement à distance. Je n’ai quasiment aucun échange avec eux, c’est 20€ HT / mois TOUT compris… royal.
    Au final (je n’ai pas de solution de paiement VAD), à part à l’ouverture du compte où j’ai un peu échangé avec eux, comme effectivement on peut se brosser pour des du découvert ou des prêts (même pas demandé)… ben la relation est top puisqu’elle est inexistante. Triste, non ?
    Je recommande pour les startups, c’est pratique et pas cher.

  3. Emmanuel aime attendre 28 juin 2011 at 23:21 #

    PS : pour une offre 100 % en ligne, je voudrais quand même dire que l’interface est visuellement archaïque, genre le web en 1995… mais bon, ça marche.

  4. rlhez 29 juin 2011 at 10:08 #

    Bonjour Emmanuel,

    C’est exactement ça ! Effectivement j’avais un compte chez eux avant d’avoir besoin d’une solution de paiement en VAD.

    C’est – cher qu’une banque traditionnelle et (presque) tout se fait très bien en ligne.

    Le seul soucis qui peut apparaître pour quelqu’un d’un peu moins organisé que toi 😉 c’est d’obtenir des relevés de compte papier égarés…

    D’ailleurs, je comprends pas pourquoi les banques ne proposent un historique des comptes en ligne que de 3 mois ! Ca me semble hallucinant…

  5. Caroline 7 juillet 2011 at 18:25 #

    Bonjour à tous, et bien, je vois que l’ensemble des startups, des créateurs en général est et reste dans la même problématique sur le sujet des banques…
    J’ai créé ma boîte il y a 10 mois, sans financement.
    La réponse des banques : « Huumm.. Chasseur de prix..Huumm… nouveau métier…? Déposé, haaaa ?…trop innovant dans le process, désolé mais nous n’avons pas de points de comparaison actuellement… revenez nous voir quand vous aurez bien avancé, on pourra peut-être faire quelque chose…!! »
    Et comme je rejoins Guillaume sur l’aspect de traiter en grande majorité du « standard » !!! Parfois, je me demande si je n’aurai pas mieux fait de créer une boutique de vêtements, un restaurant, une sandwicherie, une pizzeria ou un kebab….??
    Mais bon, voilà, aimer le risque : ce n’est pas bon pour les banques !!
    Par contre, être bien né, avoir un beau portefeuille : là, ils aiment « le risque » (il y a toujours des belles choses à saisir à défaut… :-))
    Il ne faut pas trop bousculer les habitudes!
    Par contre, il y a des tas de ces petits commerces qui chaque année ferme leurs portes, déposent le bilan… mais voilà, nos costumes-cravate préférés n’ont pas vu le temps passé, ils se sont figés, le nouveau, la jeunesse, l’innovation, forcément cela contrarie : « Attention, planquez-vous, il y a encore un futur créateur qui attend devant mon bureau avec un truc trop novateur ou super risqué !!! Cachez vos offres de crédit, on ne sait jamais s’il a l’idée stupide de venir nous demander un financement..!!!!! Il a 100 K€ d’apport ???? Ah ben alors, on peut peut-êtrelui faire un tout petit prêt alors…!!! 🙂
    @Patrick : Je pense la banque du futur n’existe pas, tant qu’il existera des banquiers, de la spéculation et des chiffres…. Il faut laisser la place à l’équitabilité, et au facteur « Chance pour tous » ; c’est à nous de la créer, par région,et au lieu de donner à l’état, les entreprises pourraient cotiser pour un pot commun où un crédit de base serait alloué à tous les premiers créateurs pour qu’ils puissent au moins obtenir les compléments et ce quel que soit leur projet, leur apport : PCE, France initiative… etc.
    Bref, il vaut mieux s’en amuser parce que si la france est en pleine mutation économique, les banquiers eux attendent sagement derrière leurs bureaux que les créateurs arrêtent de créer et qu’ils trouvent un boulot bien payé, tranquille, pour leur octroyer un super droit au découvert qui leur rapporterons beaucoup d’argent….
    En conclusion : être optimiste par les temps qui courent est une vraie richesse !
    Bien à vous et… courage à tous…!!

  6. rlhez 8 juillet 2011 at 16:05 #

    @Caroline Merci de ce long commentaire 🙂

    La banque (et le monde du paiement) n’est pas un secteur facile pour se lancer… Mais c’est un secteur où il reste bcp de choses à faire : regardez Paypal, pas mal comme société ! et Paypal a dix ans… Et il y a de choses qui sont en train de bouger depuis qq années (cf. le billet en lien à la fin de l’article).

    Pour le reste tout à fait d’accord pour dire que la banque 1.0 c’est la cata !

  7. Sunplace06 14 juillet 2011 at 19:23 #

    Et si on se passait de banque ? car finalement à quoi sert une banque si ce n’est mettre l’argent que l’on gagne sur un compte professionnel ou particulier et payer des frais pour ceci ou cela…
    La banque d’aujourd’hui ne fait plus son travail, si tenté qu’elle l’ai déjà fait dans la passé.

  8. Sunplace06 14 juillet 2011 at 19:36 #

    Combien de fois j’ai entendu « les banques ne prêtent qu’au riche », « sans patrimoine conséquent, ou caution vous n’obtiendrez pas de prêt !  »

    Mais alors peut-on mentir à une banque et faire comme si… ?

    Retenir toutes les objections et dire à son banquier, bien sûr j’ai toutes les garanties que vous souhaitez, des cautions, des biens immobiliers… Je veux emprunter 2 M et je vous propose un nantissement sur le fonds de commerce que je crée et sur ma villa dans le sud de la France.
    Là, le regard change, on vous écoute, on vous déroule le tapis rouge.
    Pour peu que vos compétences soient à la hauteur de vos objectifs il n’y a pas de raison pour qu’il y ai rejet.
    Alors faisons comme si je les avais car je crois « dur comme fer » que mon projet va fonctionner et je n’aurais aucunes difficultés à rembourser. En plus vous allez gagner de l’argent.

    Et bien non, ce n’est pas possible car trop honnête et respectueux de la loi pour faire des faux, donc c’était un test on arrête tout, finalement, je ne vais pas emprunter dans une banque mais avec des investisseurs privés et je me passerais d’une banque… jusqu’à ce que mon commerce démarre et que je serais obligé de faire appel à une banque.
    La vie est mal fichu, non ?

  9. Nicolas 19 août 2011 at 0:00 #

    Quelle triste image du banquier, et pourtant proche de la réalité. Je suis banquier et passioné par l’entrepreneuriat. Lorsque je rencontre des porteurs de projet, je porte 2 casquettes: celle du banquier pour prévenir l’entrepreneur que la banque « n’est pas là pour prendre de risque mais que des garanties », et celle du conseiller, à l’écoute des besoins qui ne sont évidement pas que financiers, pour orienter vers les différents réseaux existants, même si le constat est que l’on manque de réseaux organisés pour financer l’amorçage de projets. Le crowdfunding ne répond pas encore suffisamment à ces besoins. La banque n’aime pas trop financer l’immatériel et au démarrage le love-money (l’argent de ceux qui vous aiment, ou que vous aimez parce qu’ils ont de l’argent) est à préconiser en attedant (combien de temps ?) que des réseaux spécialisés prenent le relais.

  10. Séraphina 17 janvier 2012 at 12:52 #

    Pour info si vous ne voulez pas être tributaire d’une banque vous pouvez choisir une solution de paiement en ligne du type Payzen ou Ogone. Cela ne vous empêchera pas de devoir signer un contrat »VAD » avec votre banque pour pouvoir accepter les CB (elles prennent une commission dessus)mais au moins vous pouvez décider de changer de banque quand vous voulez. Ca vous permet aussi d’être en contact avec un support compétent pour vous aider dans l’intégration de votre module de paiement, d’avoir des outils performants (par exemple l’interface de gestion de Payzen est vraiment extra) et de faire évoluer vos options si vos ventes décollent.

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